La crise du médiator provoque une remise en cause globale du système de santé
Les nouvelles s'accumulent dans l'affaire du médiator et conduisent les plus hautes instances de l'état à envisager des réformes du système de santé.
Les méfaits du médiator, ce médicaments des laboratoires Servier destiné aux patients diabétiques en surcharge pondérale, seraient à l'origine d'une pathologie cardiaque mortelle, la valvulopathie.
Cette affirmation émane de l'Afssaps, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et a conduit au retrait de ce médicament en Novembre 2009.
Des études ont en effet montré que la prise régulière du médiator avait provoqué 500 voire 1000 à 2000 décés en France.
Ces chiffres sont suffisament tragiques pour provoquer l'émoi.
Bien plus, à travers le cas du médiator, c'est tout le système de santé qui se trouve remis en cause.
En effet, si le système de validation et de contrôle de la pharmacopée a fini par détecter la dangerosité du produit, elle aura mis 33 ans pour le faire, le médiator ayant été mis sur le marché en 1976.
Pire, une note d'alerte émanant de médecins de la sécurité sociale attirant l'attention de l'Agence du Médicament sur le cas du médiator a été adressée dès septembre 1998, soit 11 ans avant son retrait.
On peut donc s'interroger sur la réactivité d'un système de santé qui parait bien inerte et cloisonné en la circonstance.
De plus, l'attention accrue portée sur ce médicament et sa prescription ont mis en évidence que ce médicament très spécifique conçu pour les seuls diabétiques, était détourné de son usage initial pour servir d'anorexigène auprès de nombreux patients seulement désireux de maigrir. L'insousiance coupable des médecins prescripteurs donne du crédit aux thèses d'un corps médical pour partie entièrement guidé par le profit et qui se soucie plus de satisfaire une clientèle que de veiller au bien-être de ses patients.
Les patients eux-mêmes sont éclaboussés par la crise du médiator, qui peut être vu comme un exemple dramatique de plus de la passion dangeureuse des français pour les médicaments dont ils sont les plus gros consommateurs européens.
Les sujets de reflexion ne devraient donc pas manquer lors du conseil des ministres de ce jour qui doit aborder la question.
Il est vraisemblable que, comme après d'autres crises du même ordre (le Vioxx par exemple), les interdictions et les déremboursements de médicaments s'accélèrent, touchant tout aussi bien ceux qui en faisaient un usage raisonné que ceux qui en abusaient effectivement.
Une bonne couverture santé incluant la prise en charge des médicaments peu ou non remboursés risque donc de devenir de plus en plus pertinente, et de nombreuses mutuelles santé proposent déjà ce genre de prestation.
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