Le Dossier Médical Personnel (DMP), c'est parti!
2011 verra le déploiement national du Dossier Médical Personnel, ce n'est plus un voeux, c'est une promesse.
Depuis 2004 et le raté monumental de la campagne de lancement orchestrée par Philippe Douste-Blazy promettant le déploiement rapide et les économies records d'un programme ambitieux autant qu'irréalisable, le projet DMP prenait la poussière dans les cartons du Ministère de la Santé.
Les sceptiques peuvent donc assez logiquement douter encore en cette année nouvelle de la résolution gouvernementale de donner à chaque français l'opportunité de demander à son médecin traitant ou à l'hôpital la création de ce Dossier Médical informatisé qui devrait permettre une meilleure coordination des soins.
Le printemps, pourtant, devrait apporter un démenti définitif à ces incrédules puisque c'est en avril que le coup d'envoi national du DMP sera donné.
Avec des objectifs revus à la baisse, une prudente période de test en région qui a couru sur toute l’année 2010, et la création d’une instance dédiée, l’Asip-santé, Le DMP semble cette fois doté de d’autant plus d’atouts pour exister qu’il fait l’objet de moins d’attentes à court terme, débarrassé de la pression des promesses de 2004 qui lui donnaient entre autres objectifs de permettre 7 milliards d’économies à la Sécurité Sociale.
Le DMP n’est plus aujourd’hui présenté que comme un outil pour mieux se soigner. En effet, il permettra de rassembler toutes les informations nécessaires à un bon suivi du patient, de ses antécédents médicaux et chirurgicaux à ses analyses en passant par ses traitements ou les radios qu’il a pu faire. Ainsi, simplement en insérant la carte vitale du patient dans le lecteur, le professionnel de santé pourra-t-il récupérer les informations nécessaires à un diagnostique plus fiable et à des demandes d’examens plus utiles.
Les Dr House hexagonaux pourront cependant continuer à vitupérer contre l’habitude néfaste de leurs patients à leur cacher des informations puisque non seulement le DMP ne sera pas obligatoire mais sera en outre sous le contrôle complet de l’assuré qui bénéficie d’un droit de « masquage » lui permettant de cacher certains diagnostiques et certaines prescriptions. Seuls le médecin traitant et l’hôpital auront un accès complet au DMP, au titre de coordonnateur des soins.
L’outil DMP peut donc apporter une aide réelle aux professionnels de santé. Mais, s’il n’est plus présenté comme tel, il est aussi un moyen potentiel d’économies conséquentes pour le budget de la Sécu. En évitant les doublons d’examens ou d’analyses qui, pour des raisons multiples, sont très nombreuses aujourd’hui, en aidant aussi au diagnostique, dont la recherche est toujours onéreuse, le DMP est porteur de promesses économiques dont toute la filière santé pourrait profiter, contribuant à combler le proverbial trou de la sécu et permettant peut-être de juguler la hausse des complémentaires santé qui, pour 2011, seront en hausse de 2% à 8%.
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